Premiers calotypes
- fc651766
- 13 janv.
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La période de Noël avec son incroyable sapin revêtu de dorures étincelantes m’offrit l’occasion d’effectuer mes premiers calotypes. Le terme ne veut pas dire grand-chose : du grec καλος (beau) et τúπος (impression), il signifie « belle impression ».
Mais c’est ainsi que l’Anglais William Fox Talbot nomma l’invention dont il venait de déposer le brevet en 1841. Il s’agissait de la première étape vers la diffusion à grande échelle d’une photographie. En effet, le daguerréotype qui utilisait au départ des plaques de cuivre recouvertes d'argent permettait la conservation à long terme d’une image, mais ce procédé uniquement positif n’était pas associé à une reproduction de celle-ci, l'inconvénient principal étant l'absence de négatifs.
Le calotype était le résultat de l’impression dans une chambre photographique d’un négatif papier rendu sensible par l’application de composés chimiques à base d'iodure d'argent, d'un mélange d'acide gallique et de nitrate d'argent. Le positif s’obtenait selon le procédé de la planche contact en projetant de la lumière à travers le papier impressionné sur un autre papier sensible qui lui était accolé. Vu l’épaisseur du papier traversé, l’image perdait de sa netteté, mais la méthode permettait de reproduire une graphie à l’infini. Pourtant, elle n’eut aucun succès immédiat.
Ce n’est qu’en 1889, après la période des plaques de verre, que George Eastman, appliquant le procédé de Talbot, commercialisa des surfaces sensibles souples parfaitement translucides. Grâce à un film négatif sensible plus fin, il obtenait des images positives parfaitement nettes.
Pourquoi s’intéresser à ces vieilleries à l’heure du numérique ? Parce qu’il est difficile d’obtenir une image dont la résolution et la dynamique des couleurs sont supérieures à celle d’un négatif grand format en chambre noire. Cependant, le prix d’un plan-film couleur Kodak grand format 4 x 5 pouces peut s’élever à 10 euros l’unité. Par contre, le papier photographique couleur RA4 de marque Fujifilm compatible avec le même châssis revient à 0.4 euro l’unité, soit 25 fois moins cher.
Le résultat est-il équivalent ? Non bien sûr, il est différent. Mais les techniques numériques de scannage, d’inversion et de correction permettent de franchir assez aisément les étapes problématiques du calotype.
En noir et blanc, un papier Ilford multigrade RC 10.5 x 14.8 cm revient à 0.4 euro la feuille. Sa taille étant supérieure à celle de la cassette 4 x 5 pouces (10.2 x 12.7 cm), il doit être raccourci à l’aide d’une trancheuse, une manœuvre qui peut être effectuée à la lumière inactinique. La sensibilité du papier à la lumière du jour est minimale et souvent évaluée à 3 Iso. Des tests initiaux m’ont amené à régler les paramètres d’exposition basés sur une sensibilité de 10 Iso avec des résultats satisfaisants. Le tirage s’effectue à 20 °C avec la chimie traditionnelle du papier NB à la lumière inactinique ou, plus simplement, en cuve. Le négatif papier est ensuite scanné et positivé dans un logiciel.
Il existe une feuille de papier couleur (mate, brillante ou satinée) RA4 de marque Fujifilm au format 4 x 5. Introduite en chambre noire dans la cassette 4 x 5, elle est normalement placée à l’arrière de la chambre grand format. Le papier couleur étant produit pour réagir à la lumière d’une lampe tungstène au travers d’un négatif, un filtre adapté lui permettra de réagir à la lumière du jour avec des tonalités réalistes. Une formule d’exposition typique par temps couvert avec un filtre orange est de 1/4 sec à f/8. Le tirage du papier s’effectue en chambre noire ou en cuve à 35 °C avec un kit RA4 (45 secs de développement, 45 secs de fixation et 3 min de stabilisation). On obtient ainsi un négatif papier qu’il suffit de scanner. Les couleurs de l’image sont alors inversées dans un logiciel de développement, donnant ainsi une image aux tons approximatifs dont il faudra ajuster la balance des blancs et l’histogramme des couleurs.
Un procédé permet de révéler en direct un positif couleur. Il comprend 7 bains successifs impliquant notamment un révélateur NB à 20 °C, un bain d’arrêt, une solarisation, un développeur couleur à 35 °C, un fixateur couleur à 35 °C. N’étant pas encore parvenu à maîtriser de manière reproductible la technique de la solarisation, mes premiers résultats sont assez décevants.
Mais voici mes premiers calotypes négatifs et positifs N/B, négatifs et positifs couleur, ainsi qu'un essai de positif direct.
Calotypes effectués à la chambre Arca-Swiss 4 x 5 : Sapin négatif et positif noir et blanc ; Sapin négatif et positif couleur ; Vue de Honnay près de Lavaux-sainte-Anne négatif et positif couleur ; Sapin essai de positif direct.

















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